| Description: |
International audience ; Cette communication s’inscrit dans le cadre d’une thèse de sociologie analysant la construction de la polyvalence sportive en retraçant les carrières d’athlètes, qui, par leur pratique sportive pluridisciplinaire (pentathlon moderne et épreuves combinées en athlétisme), sont amenés à devenir des « spécialistes de la polyvalence ». Nous déployons dans ce cadre une ethnographie multi-située (Marcus, 1995) qui nous conduit à investiguer, au sein de chacune des disciplines, différents lieux d’entraînements qui représentent autant d’étapes de la carrière sportive, du club au pôle France, en articulant entretiens, observations et recueil de documentation. La perspective interactionniste, construite autour de la réflexion sur la notion de carrière, a été résolument adoptée dès le départ. Il s’est agi de favoriser une approche « en situation », qui nous semble la mieux à même de montrer que la polyvalence, loin d’être une caractéristique simple intrinsèque est bien « le produit d’un processus » social (Becker, 1985, p.37). Dès lors, raisonner en termes de « rapports sociaux » n’était pas envisagé, d’autant plus qu’une approche interactionniste peut être vue comme antagoniste d’une perspective structurale telle que celle analysant les rapports sociaux de sexe, de classe, ou de race. Pourtant, il est progressivement apparu au cours de l’enquête que les effets des rapports sociaux ne pouvaient être écartés de l’analyse de la construction de la polyvalence. Cette communication s’attachera donc à retracer comment l’ethnographie nous a progressivement conduit à chausser « les lunettes du genre » (Bem, 1993), mais aussi, de façon secondaire, celles de la classe et de la race, en exploitant des éléments vus et entendus qui prennent sens au fur et à mesure de l’avancée des terrains. Se faisant, nous expliciterons aussi les conséquences des choix théoriques initiaux sur la façon dont l’ethnographe capte les rapports sociaux sur le terrain et les retranscrit.Les deux milieux sportifs enquêtés se ... |